Nos 30 ans

Pionniers des circuits courts

Les cueillettes Chapeau de Paille fêtent cette année leur 30 ans. Ce groupement unique en France, est un véritable pionnier des circuits courts.

D’hier à aujourd’hui, 30 ans en images

Une magnifique aventure humaine

Les Cueillettes Chapeau de Paille sont nées, il y a 30 ans, de l’élan collectif de 5 agriculteurs visionnaires qui ont eu l’idée de se regrouper pour doper leur activité de libre-cueillette déjà ébauchée depuis le milieu des années 70.
Portés par leurs valeurs communes – respect de la terre, respect du temps, respect du travail – ils décident de partager leurs expériences techniques et économiques. D’autres cueillettes viennent les rejoindre. Le réseau s’étoffe… La dynamique est lancée !
Et les Cueillettes Chapeau de Paille deviennent un acteur majeur des circuits courts en France.

En 1985, ils se réunissent en GIE, forme associative à but non lucratif, devenu en 2008 le GIE Chapeau de Paille.

Dès le départ, nous avions une approche professionnelle de la cueillette en achetant collectivement et en communiquant avec une image commune, ce qui ne se faisait pas alors. Nous proposions et nous proposons encore aujourd’hui des produits nouveaux et nous nous différencions par des variétés qui ont du goût et qu’on ne trouve pas en supermarchés.
En 30 ans, ce qui m’a le plus marqué, ce sont les nouvelles technologies agricoles qui ont révolutionné nos cueillettes. Aujourd’hui, par exemple, les fraises sont disponibles de mai à octobre, alors qu’à l’origine on ne les trouvait que de début juin à mi-juillet. Et ce, toujours grâce à la culture en plein champ mais aussi en jardin suspendu (le visiteur n’a plus à se baisser) et sous serre.
Les gens consommant de moins en moins de fruits et légumes et désirant du tout cuit-tout prêt, à nous de sortir de l’ordinaire, de leur donner envie de découvrir ou redécouvrir le plaisir du frais et de variétés plus rares.

Thierry Thomassin, agriculteur fondateur, et toujours membre, du GIE Chapeau de Paille
(Cueillette de Cergy, Val d’Oise)

Chapeau de paille, des pionniers du circuit court et de la libre-cueillette dans les champs

Chaque agriculteur reste indépendant. Il s’engage à proposer une grande variété de fleurs, de fruits et légumes à cueillir, à mener une agriculture responsable (utilisation raisonnée des engrais et des pesticides naturels ou chimiques) et créatrice d’emplois.

En ouvrant leurs vergers et leurs potagers à tous, ces précurseurs ont popularisé « la cueillette en libre-service » – une nouvelle façon de faire son marché – et généré un nouveau mode de consommation écologique, économique et équitable, qui privilégie le local et le produit de saison, et qui honore le travail de producteurs passionnés.

 Les Cueillettes Chapeau de Paille évoluent, leur logo aussi…

La plupart des cueillettes fondatrices sont encore dans le groupement. On compte aujourd’hui 29 Cueillettes Chapeau de paille. Elles sont toutes situées en zones péri-urbaines.

A la Cueillette, on ne se fait pas servir, on récolte soi-même. A l’entrée, le matériel de récolte est fourni et le prix des fruits et légumes dégressif en fonction des quantités (on paye ce qu’on a récolté).
C’est ludique, on prend l’air, on reprend le contact avec la terre, on apprend aux petits l’origine des produits et les secrets de la récolte.
Les enfants des écoles viennent découvrir le travail des agriculteurs et les secrets de la récolte.
On est sûr que les produits que l’on dégustera sont à maturité et n’ont pas traversé la planète en avion. On apprend à respecter le rythme des saisons et on redécouvre le goût incomparable du frais, du bon.

Quelques chiffres clefs:

  • 32 Cueillettes en France : 10 en Ile-de-France, 22 en province
  • 580 hectares : 300 en Ile-de-France, 280 en province
  • 250 000 heures à la production
  • 105 000 heures à la vente
  • 140 permanents à plein temps
  • Plus de 200 saisonniers
  • Près de 100 000 enfants en visite scolaire
  • Plus de 2,5 millions de clients-visiteurs chaque année

  • Une fréquentation x 4 depuis 1992
  • (2.5 millions de clients-visiteurs en 2014)
  • Pour un nombre de Cueillettes x 2,5

  • Sur l’ensemble du réseau, environ 60 fleurs, fruits et légumes
    sont proposés, les Cueillettes respectant le rythme des saisons
    et ouvertes, pour la plupart, de mai à début novembre.

  • Et plus de 40 variétés de pommes : rubinette, chantecler, pirouette, akane, delcorf, etc. à croquer de début août à mi-novembre.

  • Plus de 15 variétés de fraises : charlotte, mara, darselect, sonata, malwina, etc. qui étendent la période de dégustation à 5 mois.

  • Plus de 15 variétés de tomates anciennes et contemporaines : coeur de boeuf, noire de Crimée, ananas, andine cornue, etc.

  • La récolte 2014 :
  • Plus de 12 millions de pommes pour plus de 180000 pommiers,
  • 600 000 kg de fraises sans compter les dégustations sauvages !
  • 1 200 000 kg de tomates,
  • 550 000 salades,
  • 350 000 tulipes, etc.


Le saviez-vous ?
Une Cueillette de 10 hectares (le minimum) équivaut, en surface, à 12 terrains de football

C’est, en France, le seul groupement de producteurs agricoles
pratiquant l’auto-cueillette.

C’est historiquement le 1er groupe, à organiser les circuits courts.

Le GIE Chapeau de Paille travaille pour demain !
Une organisation novatrice et performante

30 ans d’émergence dans l’avancée technologique et sociétale

L’informatisation des années 80 à peine digérée, les Cueillettes Chapeau de Paille se sont jetées avec gourmandise dans la diffusion de leurs savoirs et de leurs offres sur la toile.
Le site internet institutionnel www.chapeaudepaille.fr et les 29 sites des Cueillettes (3ème génération) sont désormais accessibles sur tous les supports mobiles et souvent doublés par des comptes facebook ou google+.

La société française est aujourd’hui abreuvée d’une multitude d’informations, en particulier via le net.
Les agriculteurs des Cueillettes Chapeau de Paille tirent le meilleur de cette diversité informative et la rendent constructive. Ils améliorent ainsi leurs techniques agricoles (moins de traitements, plus de moyens biologiques, etc.), ils ont notamment anticipé la vague nostalgique du retour au terroir et aux « bons produits d’antan » (fruits et légumes anciens) et ils sont toujours à l’écoute des attentes économiques des consommateurs.

La structure du réseau et sa continuité favorisent les échanges et les travaux sur l’économie de l’entreprise, son management et son agronomie spécifique adaptée à l’accueil du public et à ce mode de vente. Ces constructions prospectives se font avec des intervenants extérieurs (Credoc, économistes, managers d’entreprises industrielles, communicants, techniciens spécialisés, instituts agronomiques européens, etc.).

L’enrichissement humain continu du Groupement par l’adhésion de nouvelles Cueillettes s’est toujours accompagné d’un partage des expériences. Chaque nouvel entrant se voit attribué un « Parrain » qui l’aide à trouver sa place dans l’organisation. La participation aux commissions ou groupes de travail est ouverte à tous.

La participation à la vie d’un groupe comme le GIE est génératrice d’une dynamique de développement à travers le partage des expériences et la recherche commune de nouvelles opportunités ou de solutions.
C’est plus sympa de ne pas se battre seul. La qualité du lien est plus forte que tout même si, parfois, il est difficile d’accepter des décisions différentes de celles que l’on souhaiterait. La distance géographique entre les adhérents est à la fois un atout par la diversité qu’elle génère et une légère contrainte quand on doit se retrouver chez les uns ou les autres.
A mon arrivée, mon parrain (Benoist Leforestier de la Cueillette des Authieux) m’a bien épaulée dans la construction de ma Cueillette aux niveaux agronomique (techniques agricoles) et communication. De même que les salariés du GIE, très présents. Je me suis sentie très soutenue.

Patricia Godin, nouvelle adhérente Chapeau de Paille depuis 2010
(Cueillette du Tronquoy, Montigny-en-Cambrésis)

Quant au Comité de Direction, il se renouvelle en partie tous les deux ans pour assurer, certes, une continuité des travaux mais aussi une fraîcheur morale et intellectuelle : 10 présidents en 30 ans sans coup d’état !

Mon action est concentrée sur la vie du groupe Chapeau de Paille pour booster sa dynamique collective. Au niveau des adhérents, il est essentiel de les aider à exprimer leur richesse individuelle dans des développements communs. Pour les salariés du Groupement, mon rôle est de maintenir leur ouverture sur la filière et l’environnement socio-économique.
La présidence de Chapeau de paille est une belle expérience qui donne beaucoup d’humilité au regard de la simplicité apparente des décisions, de la complémentarité et de la quantité des travaux menés.
Le rythme de renouvellement du président est un gage de fraîcheur et de partage des responsabilités. Il faut avoir le sens du groupe et de son avenir.
Chapeau de paille est indépendant (financièrement et politiquement), c’est une source de fierté. C’est aussi une grande force aujourd’hui car cela permet de concentrer ses actions sur ses clients et sur son métier d’agriculteur sans gaspillage de temps.

Dominique Balouzet
(Cueillette de Fraisochamps, Lyon)



Dans le contexte actuel de l’agriculture nationale, Chapeau de paille s’est taillé une place à part :

Les cultures maraîchères et fruitières baissent considérablement en France depuis 1980 : le verger de pommes françaises a baissé de 35% en surface entre 1992 et 2015 (passant de plus de 50 000 ha à 30 000 ha), les productions de fraises et d’asperges se sont effondrées au profit de pays voisins au coût de main d’œuvre moindre et aux normes administratives plus « souples » (Allemagne, Espagne, Pologne, Maroc).

Au contraire, les Cueillettes Chapeau de Paille s’adressent aux consommateurs sans passer par des intermédiaires et conservent l’opportunité d’expliquer leur démarche au client-consommateur.

Depuis quelques années, l’offre en circuits courts s’est fortement étoffée avec la multiplication des cueillettes hors réseaux, l’apparition de la vente au panier, les ventes en ligne, les magasins de « produits fermiers » notamment.
Chapeau de Paille, ayant à cœur la réussite de ses adhérents potentiels, en fonction de leurs origines géographiques, de leurs expériences des métiers d’agriculteurs, a conforté son exigence et ses spécificités. C’est ainsi qu’il a incité certains candidats à la création de Cueillettes à réorienter leurs projets (une quarantaine au cours des dix dernières années) en raison de défauts majeurs qui ne rentraient pas dans le cahier des charges propre au GIE : sur-concurrence, absence de bassin de population, manque de terres agricoles, absence de formation, etc.

Un travail collectif pour progresser

Au sein du Groupement, chaque agriculteur, qui reste indépendant, bénéficie de structures favorisant son équilibre, son dynamisme et son développement face aux transformations des attentes et des besoins :

- Une animation technique et organisationnelle s’appuyant sur une douzaine de rendez-vous annuels (formations, visites de centres techniques et de recherche, conférences, séminaires, etc.). Cette animation est complétée par un site extranet professionnel, outil de partage en temps réel d’informations techniques et commerciales, mais aussi la visite régulière dans les Cueillettes des autres adhérents, de l’animatrice technique et du responsable du Groupement.

- Une aide à la communication (agence de communication, attachée de presse, créateur et gestionnaire de supports internet).

- Une centrale d’achat qui référence plus de 1 000 articles (plants de légumes et de fruits, semences potagères, supports de communication, etc.).

L’organisation est cimentée par une équipe de 3 salariés permanents :
un directeur pour animer la vie du groupe, gérer les dossiers bâtis avec des partenaires extérieurs (communication, relation presse, internet) et la centrale d’achat, une animatrice technique pour les questions agronomiques et la centrale d’achat et une comptable.

N’est pas « Cueillette Chapeau de Paille » qui veut…

Entrer chez Chapeau de Paille, c’est en respecter le cahier des charges.

Il faut être agriculteur et prévoir de développer, dans les 4 ans qui suivent l’adhésion, une Cueillette de plus de 10 ha dans un bassin de population suffisant.
Les Cueillettes Chapeau de paille ont été créées à proximité des villes pour accueillir leurs clients dans un cadre agréable.
Ce positionnement induit un travail tout à fait particulier pour les agriculteurs adhérents : une production de plus de 45 variétés de fleurs, de fruits et de légumes de proximité ouverte aux clients plus de six mois de l’année.
Les contraintes qui y sont associées sont importantes : accueillir les clients 7 jours sur 7 en saison tout en travaillant avec du matériel agricole, expliquer son activité et ménager de larges allées enherbées entre les cultures pour permettre les déplacements en famille.
Il faut aussi accepter de faire avec la pression foncière associée au développement des villes sur la campagne…

Le Groupement est vigilant quant à la réussite économique et humaine du projet.
La concurrence dans l’environnement, avant implantation, doit être raisonnable. Le producteur doit travailler avec des salariés pour partager le temps de la production et de la vente dans le but de conserver un rythme de vie compatible avec une vie en famille et en société. L’équilibre de vie et le bien-être restent les valeurs prioritaires de Chapeau de Paille.

Un engagement de 30 ans
pour une agriculture éco-responsable

Économiquement responsable

Dans les Cueillettes Chapeau de Paille, la fraîcheur, la variété et la juste maturité des produits sont garanties.

La production locale de fruits et légumes participe, quant à elle, au maintien du dynamisme et la diversité de l’agriculture régionale. Cette agriculture assure un approvisionnement de proximité dans le respect des normes sociales et légales françaises, parmi les plus exigeantes.

Écologiquement responsable Lors de leur visite, les clients sont les témoins exigeants du travail de l’agriculteur. Au-delà de la réglementation sur les conditions environnementales, le GIE Chapeau de Paille a mis en place de multiples moyens agronomiques pour réduire l’empreinte écologique :

-Mise en place de techniques alternatives au désherbage chimique : faux-semis, paillage biodégradable des cultures, binages, paillage permanent de cultures pérennes,

-Entretien de la vie des sols et économie d’eau : enrichissement du sol en matière organique, enfouissement des plantes en fin de culture, enherbement permanent des allées de circulation, rotation des cultures, mise en place de réseau d’irrigation en goutte à goutte,

-Réduction de l’emploi des produits phytosanitaires de synthèse : mise en place de pièges colorés ou à phéromone contre certains insectes ravageurs,confusion sexuelle contre le ver de la pomme, applications de poudres minérales ou d’extraits végétaux contre les maladies, applications de solutions bactériennes ou virales spécifiques contre quelques insectes ravageurs, préservation des animaux auxiliaires des cultures (coccinelles, orius, typhlodromes, etc.), mise en place de filets anti-insectes, etc.